[Dans vos communes] Brabant wallon, terre d’apiculteurs
Description: **Quoi de meilleur qu’un bon miel artisanal tartiné sur une tranche de pain (avec ou sans fromage blanc) ? Consommé cru (non chauffé ou pasteurisé), ses bienfaits pour la santé sont connus depuis l’Antiquité. Bonne nouvelle pour les amateurs : le Brabant wallon regorge d’apiculteurs passionnés qui élèvent leurs abeilles avec soin et produisent des miels d’une qualité exceptionnelle.**
Le Brabant wallon compte quelque 663 apiculteurs ; comparé à sa population, ce nombre en fait la 2e province wallonne en matière d’apiculture, derrière la Province de Luxembourg mais loin devant le Hainaut, Liège et Namur. Menacés par l’invasion du frelon asiatique, les apiculteurs brabançons se serrent les coudes et peuvent compter sur plusieurs fédérations et associations locales ou régionales pour les aider à préserver leur activité.
La Province du Brabant wallon agit aussi pour protéger les abeilles. Pour lutter contre les frelons asiatiques, le Brabant wallon a mené l’opération «Gardiens de la Ruche» avec près de 17.000 pièges à frelons distribués à ses habitants.
L’apiculture est une passion avant tout, comme nous l’explique Maximilien de Neve, président de la SRAWE (Société Royale d’Apiculture de Wavre et Environs) : «En moyenne, un apiculteur va posséder sept à huit ruches qui produiront chacune environ 25 kg de miel par an. Encore faut-il que la météo ait été clémente avec un printemps ni trop froid, ni trop sec, ni trop humide… Comme la miellée se fait grâce aux fleurs des arbres et arbustes au printemps, il faut aussi que certaines essences d’arbres soient présentes idéalement dans les 500 mètres autour des ruches : des saules, des arbres fruitiers, érables, acacias, tilleuls, châtaigniers… L’an dernier, la Province a d’ailleurs fait planter 200 arbres mellifères le long de la route provinciale entre Grez-Doiceau et Hamme-Mille. C’est en fonction des arbres du voisinage que chaque miel aura son caractère, différent d’un apiculteur à l’autre.»
Car les amateurs vous le diront : le miel artisanal n’a rien à voir avec le miel qu’on achète au supermarché. Celui-ci, souvent issu d’un mélange de miels de diverses provenances (Espagne, Chine…) a un goût et une apparence standardisées. Pasteurisé, il a perdu une grande partie des enzymes, des vitamines et des antioxydants qui font sa valeur nutritionnelle. Le miel artisanal est, au contraire, extrait à froid, ce qui lui conserve toutes ses propriétés nutritives et bénéfiques pour la santé. Les apiculteurs privilégient la qualité à la quantité et emploient des méthodes douces qui respectent autant les abeilles que le miel qu’elles produisent.
Passionnés, les apiculteurs de nos régions doivent l’être d’autant plus que leurs ruches sont de plus en plus menacées : par la pollution et le réchauffement climatique, mais aussi par des insectes envahisseurs comme le varroa et, surtout, le frelon asiatique. Face à ces dangers, la résistance des apiculteurs s’organise avec l’aide des scientifiques et des autorités publiques : «Contre le varroa, un acarien venu d’Asie il y a 25 ans et qui parasite les abeilles, on a maintenant des produits comme le thymol, qui est sans risque pour la santé. On a aussi l’association Arista Bee, à Gembloux, qui sélectionne des lignées d’abeilles européennes résistantes au varroa. Mais actuellement, la plus grande menace est le frelon asiatique, qui s’attaque aux abeilles et butine aussi le lierre par exemple, ce qui fait que les abeilles ne s’en approchent plus. C’est pourquoi il est essentiel de piéger le plus possible de reines frelons au printemps, et d’être solidaires en créant par exemple des ruchers-tampons pour donner des colonies d’abeilles locales à des apiculteurs débutants ou sinistrés», poursuit Maximilien de Neve.
A l’UCLouvain, le Centre Apicole de Recherche et d'Information (CARI) dispose d’un laboratoire pour analyser et valoriser les produits de la ruche. L’apiculture wallonne bénéficie aussi du Programme apicole wallon (PAW) 2023-2027, cofinancé par l'Union européenne via la Politique agricole commune (PAC) pour soutenir la structuration et la formation des apiculteurs et protéger les abeilles. De quoi donner une bouffée d’oxygène à nos apiculteurs et permettre à nos citoyens de consommer des miels locaux, écologiques… et surtout délicieux et bénéfiques pour la santé !
Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de la Région wallonne