[Dans vos communes] Les vers de terre en bonne santé à Perwez
Description: **Vingt agriculteurs de l’est du Brabant wallon font partie d’un groupement d’agriculteurs en agroécologie (GAA HORJ-PBW), sur les communes d’Hélécine, Orp-Jauche, Ramillies, Jodoigne et Perwez. Un projet de recherche-action lancé pour améliorer les pratiques et techniques de l’agriculture.**
«Nous avons opté pour des mélanges de couverts végétaux afin de couvrir le sol après les moissons. Ces mélanges sont composés de radis chinois, d’avoine brésilienne et de vesces velues depuis plusieurs années et je suis convaincu que mes pratiques sont bonnes, vu le rendement de mes terres et la vie du sol.» indique Benoit Lempereur qui cultive des betteraves, chicorées, pommes de terre, du froment et de l’escourgeon en conventionnel au sein de la ferme familiale à Perwez.
Mais pour objectiver ses impressions, l’agriculteur a rejoint le groupement d’agriculteurs en agroécologie, un projet de recherche-action lancé par le Service Public de Wallonie (SPW) en janvier 2023 et encadré par le Centre provincial de l’agriculture et de la ruralité (CPAR). «Le CPAR est l’un des lauréats de cet appel à projets régional. Le centre accompagne donc 20 agriculteurs de l’Est du Brabant wallon en apportant un soutien technique, analytique et son expertise dans l’analyse de résultats. Nous sommes également accompagnés par une agronome spécialisée en agroécologie.», précise Pierre Noël, chargé de projet au CPAR.
Des tests ont été menés sur les couverts végétaux. Dix couverts végétaux ont été plantés en bandes, côte à côte et leur développement a été observé. Les restitutions au sol en éléments nutritifs pour les plantes (azote, phosphore, potassium) des différentes options ont été estimées, notamment grâce à des analyses de sols réalisées par le laboratoire du CPAR. Il apparait que les restitutions les plus équilibrées sont issues des couverts diversifiés. Certains couverts offrent également des avantages spécifiques : les carottes gorgées d’eau des radis chinois maintiennent l’humidité dans le sol au début du printemps.
Autre avantage de ces couverts restitués au sol : la population de vers de terre qui aèrent le sol s’y développe très bien. Des mesures objectives le confirment. On relève plus d’une tonne de vers de terre par hectare dans plusieurs couverts et, pour certains, plus de 2 tonnes ont été observées. Pour réaliser des mesures optimales, Benoît Lempereur a lui-même créé une bêche spéciale à trois pans pour prélever la même quantité de terre à chaque test. C’est un autre exemple de l’émulation positive qui découle du groupement d’agriculteurs en agroécologie de l’est du BW.
Les résultats des analyses seront ensuite communiqués aux autres agriculteurs du groupement. Les agriculteurs se rencontrent et partagent leurs bonnes pratiques. D’ailleurs, la ferme de Benoît Lempereur a déjà accueilli des visites sur site. «La recherche-action a l’avantage de démarrer des pratiques de l’agriculteur qui fait ensuite remonter des informations utiles pour mener des recherches.» souligne Pierre Noël. Une manière de procéder que Benoît Lempereur apprécie : «On nous tend la main, on nous écoute, après, j’espère que les résultats obtenus pourront guider les politiques agricoles régionales.»
Benoît Lempereur cultive aussi le miscanthus qui permet d’abriter la faune quand les autres champs sont à nu. Ce miscanthus est destiné au paillage de parterres et de potagers. L’agriculteur a misé sur des bandes fleuries destinées à attirer les insectes. Enfin, la ferme accueille également un nichoir à faucon crécerelle confectionné en famille pendant le confinement. Le nichoir a déjà vu naitre trois nichées depuis 2020. Et les rapaces chassent les souris attirées par les céréales stockées à la ferme en hiver. «L’agroécologie, c’est ça aussi : utiliser la nature pour être aidé aux champs, grâce à des auxiliaires.» conclut Pierre Noël.