[Ils font le BW] Le barde Julos Beaucarne s’en est allé
Description: **Julos Beaucarne est décédé à Beauvechain le 18 septembre 2021, à 85 ans. Navigateur solitaire sur la Mer des Mots, il a mis les voiles pour un dernier voyage, de l’autre côté de l’arc-en-ciel qu’il portait comme un emblème sur son célèbre pull-over.**
Originaire d’Ecaussinnes, mais habitant le Brabant wallon depuis des décennies, le «barde de Tourinnes-la-Grosse» était un artiste aux multiples talents : tour à tour conteur, poète, comédien, écrivain, chanteur et sculpteur, il faisait rimer la langue française et le wallon avec un égal bonheur.
D’abord comédien à Bruxelles (de 1961 à 1966), il se lance en parallèle dans la chanson : son premier 33 tours «Julos chante Julos» paraît en 1967. Plus de 25 albums studio suivront au long d’une carrière de plus de 50 ans, sans compter les albums en public et de nombreux formats courts. Auteur-compositeur, il signe des chansons tantôt révoltées («Lettre à Kissinger», «Bosnie-Herzégovine»), tendres («Y vautmeyeu s'bêtchi») ou humoristiques («Pompes Funèbres»). Il chante aussi les autres poètes, des Belges comme Max Elskamp ou Van Lerberghe, des classiques comme Hugo ou Verlaine, des oubliés comme Ramuz, Hikmet ou encore Peire Vidal, troubadour du XIIe siècle.
Amoureux du wallon, «ce champagne continuel du langage», il adapte Georges Brassens et Gilles Vigneault, signe nombre de textes et de chansons dans le «parler de chez nous» et popularise «La P’tite Gayole» d’Oscar Sabeau (auteur wallon mort en 1941) jusqu’à en faire l’hymne officieux de la Wallonie.
En 1975, le meurtre de sa compagne par un déséquilibré le pousse à prôner encore plus d’humanisme. Ecrite au lendemain du drame, sa «Lettre ouverte dans la nuit» analyse la responsabilité de la société qui arme les mains des assassins et appelle à «reboiser l’âme humaine» par l’amour, l’amitié et la persuasion.
Ecologiste dans l’âme et anarchiste par soif de liberté, il s’est engagé très tôt dans des initiatives en faveur de la biodiversité. Observateur visionnaire d’un futur où le Monde sera «neuf ou veuf», il avait construit 36 pagodes «post-industrielles» à partir de tourets de chantier récupérés. Elles sont toujours là, dans un champ de la ferme de Wahenge à Beauvechain, témoins du temps qui passe et les effrite inexorablement…
Julos n’est plus, mais son esprit continuera à flamboyer et à éclairer nos vies au travers de ses très nombreuses chansons (plus de 500) et de ses livres.
Sélection d’œuvres :
Disques :
L'enfant qui veut vider la mer –1968
Arrêt facultatif – 1972
Front de libération des arbres fruitiers – 1974
Chandeleur septante cinq – 1975
L’Hélioplane – 1982
Co n'rawète – 2000
Livres :
Répertoire d'étiquettes (1973 –aphorismes écrits sur des étiquettes de cahiers d’écoliers)
Mon terroir c'est les galaxies –1980
L'appel de madame la baronne (1989– bande dessinée avec le dessinateur Jean-Claude Servais)
Le navigateur solitaire sur la merdes mots – 1997
Les arbres chemins entre ciel et terre - 2000