Place aux jeunes
La politique "Jeunesse" du Brabant wallon vise à permettre à tous les jeunes de son territoire de s'épanouir, quel que soit leur âge et leur profil socio-économique. Tour d'horizon de quelques actions provinciales pour la jeunesse.
Opération « Place aux Jeunes » : une bouffée d’air frais pour rompre l’isolement
Au vu du succès remporté par l’opération « Place aux Artistes » en 2020, le Brabant wallon a imaginé d’étendre le concept aux activités conçues pour les jeunes de 12 à 18 ans. Cette nouvelle opération, pensée spécialement pour eux, a connu sa première édition en 2021 et a permis à des milliers de jeunes de respirer, de bouger, de s’exprimer et de retrouver des interactions sociales auxquelles le confinement avait imposé un coup d’arrêt.
Les conséquences désastreuses de la crise sanitaire sur la vie sociale et le moral des jeunes ont poussé le Brabant wallon à développer un projet à leur intention. C’est ainsi qu’est né « Place aux Jeunes » en 2021. Dix-neuf communes ont répondu à l’appel à projets lancé au mois de mai en proposant une très grande variété d’activités et d’animations adaptées aux jeunes de 12 à 18 ans : sports urbains, deejaying, arts plastiques, danse, ateliers d’écriture, stages de théâtre, bande dessinée, création de jeux vidéo… aucune discipline n’était exclue, à condition qu’elle soit destinée aux jeunes et que les partenaires du projet résident en Brabant wallon, cela afin de relancer par la même occasion le secteur « jeunesse » du territoire.
Conformément au règlement provincial, les animations, qui se sont déroulées de juillet à décembre, se sont tenues très majoritairement à l’extérieur, dans des lieux facilement accessibles à tous, et toujours dans le respect strict des mesures sanitaires alors en vigueur. Quant au soutien financier, son principe était simple : chaque euro investi par une commune participante a été complété par un euro octroyé par le Brabant wallon, avec un maximum de 10.000 € par commune.
Il serait trop long de détailler les projets mis en place par chacune des communes participantes. On l’a dit, les activités proposées étaient très diverses, tout comme les modes d’organisation. Le skateboard, devenu sport olympique en 2020, ainsi que d’autres sports urbains comme le BMX ont été représentés en de nombreux endroits avec une participation des jeunes particulièrement importante. Certaines communes ont fait appel à des artistes locaux de renom pour animer des stages, comme à Jodoigne avec la troupe des Baladins du Miroir ou à Perwez avec les graffeurs de Spray-Art Belgium.
A Grez-Doiceau, le Conseil des Jeunes s’implique
La commune de Grez-Doiceau a choisi d’organiser une seule journée d’animation, qui s’est déroulée le 31 octobre pour coïncider avec la fête d’Halloween. Le Conseil des Jeunes de l’entité a été associé étroitement à l’organisation, et les animations ont pris place autour de l’Espace Jeunes.
Démonstrations et initiations au skate, trottinette, BMX, street soccer (football de rue), danse, graff... l’éventail était large, et chacun a pu y trouver son compte ! Une centaine de jeunes ont rejoint les différentes activités, et un buffet d’Halloween préparé par les jeunes de l’entité a réuni tous les participants et spectateurs dans une ambiance joyeuse et très « horrifique » ! Une centaine de jeunes ont rejoint les différentes activités, et un buffet d’Halloween préparé par les jeunes de l’entité a réuni tous les participants et spectateurs dans une ambiance joyeuse et très « horrifique » !
Evaluant les résultats de l’opération, la Commune de Grez-Doiceau a déclaré : « Nous sommes vraiment satisfaits car cette journée a permis au service jeunesse de proposer aux jeunes de Grez-Doiceau un événement hors du commun. La préparation de Place aux Jeunes a été faite avec le Conseil des jeunes. Le buffet, les décorations, le service le jour de l'événement ont été pris en charge par les 12-18 ans. Le concours de skate a eu son succès et a pu se dérouler juste avant la pluie. »
A Perwez, le skatepark deviendra permanent
Suite à une enquête menée auprès des jeunes de la commune en septembre 2020, le Collège communal de Perwez a pu constater que nombre d’entre eux étaient fortement intéressés par la possibilité de créer un skatepark permanent dans l’enceinte du complexe sportif. En attendant que ce projet puisse voir le jour, l’opération « Place aux Jeunes » a permis de tester le concept auprès des jeunes et des riverains par l’installation d’un skatepark temporaire durant trois mois, avec trois journées d’animation autour des sports de glisse en milieu urbain. Des centaines de jeunes, venus de Perwez et des communes environnantes, ont fréquenté les installations tout au long de la période choisie, et les retours furent très positifs. Le service communal d’Aide aux Jeunes, avec la participation de deux artistes graffeurs perwéziens confirmés (l’équipe de Spray-Art Belgium), a également mis sur pied un projet artistique : la réalisation par les jeunes d’une fresque sur un mur mis à disposition par une école de l’entité. Le résultat, saisissant, a permis d’égayer le quartier et de crédibiliser auprès de la population cette forme d’art souvent considérée comme du « vandalisme » lorsqu’elle s’exerce illégalement.
Ci-dessous, retrouvez l'interview de Max, de la société de création et location de skatepark MaxExtrême, à laquelle plusieurs communes ont fait appel.
Un bilan positif
Si l’évaluation finale de cette première édition de « Place aux Jeunes » est en cours au sein des services provinciaux, on peut déjà affirmer qu’elle fut un véritable succès. L’implication de la majorité des communes du BW (19 sur les 27), la participation très importante des jeunes, les nombreux retours positifs recueillis auprès de ces derniers et des citoyens en général permettent d’augurer un bel avenir à cette opération. Si le Conseil provincial se prononce favorablement, l’action sera reconduite en 2022 avec, on l’espère, encore plus de communes participantes, pour que tous les jeunes de notre territoire puissent s’épanouir et inventer le Brabant wallon de demain.
Jeanne Serverius, directrice de l'Institut Médico-Pédagogique d'Hévillers nous présente le projet "Equinox"
Le Service Résidentiel pour Jeunes (SRJ) « Les Tilleuls » à Mont-Saint-Guibert a fait appel à l’asbl Chorales Equinox afin de créer une chorale avec ses jeunes résidents. Créée en 2012, Chorales Equinox se consacre à la création, au développement et à la promotion de chorales composées de voix n’ayant à priori pas (ou plus) accès à un encadrement musical de qualité. Jeanne Serverius, directrice de l’Institut Médico-Pédagogique d’Hévillers qui comprend le SRJ « Les Tilleuls » et un Service d’Accueil de Jour pour Adultes, « Les Acacias », nous en dit plus sur la naissance et les enjeux de ce projet.
1. Rappelez-nous ce qu'est le SRJ « Les Tilleuls » et en quoi consiste le travail de cette institution ?
Le SRJ « Les Tilleuls » accueille des enfants et des jeunes de 3 à 21 ans aux parcours psycho-sociaux compliqués (de catégories 140 et 111, troubles du comportement associés ou non à un retard mental) qui donnent lieu à des manifestations symptomatiques nécessitant un accompagnement spécialisé.
Regroupés en quatre unités de 10 à 13 enfants pendant la semaine, les enfants et adolescents sont pris en charge en fonction de leur âge et de leur situation, afin de les accompagner au mieux et de leur fournir des balises pour la vie de tous les jours. Bon nombre de ceux-ci rentrent en famille le weekend et certains restent à demeure.
Chaque équipe se compose d’éducateurs et de paramédicaux. Certaines fonctions (logopède, infirmière, coordinatrice pédagogique, médecin coordinateur et directeur) sont transversales. Nous cherchons à composer au mieux nos interventions en fonction des enjeux que nous repérons pour un enfant dans son rapport à lui-même et aux autres. Une part conséquente est donnée au travail avec les familles. Nous accueillons l’enfant ou l’adolescent avec ses conduites symptomatiques qui, toutes embarrassantes qu’elles soient, constituent une tentative de solution pour le sujet.
2. Comment est né le projet de chorale en collaboration avec l'asbl Equinox, et qu'apporte-t-il aux enfants ?
Lors d’un colloque des instituts médico-pédagogiques du Brabant Wallon en mars 2017, un intermède musical était proposé par une des chorales d’Equinox. Florence Bottu, cheffe éducatrice actuellement pensionnée, était à la recherche de nouveaux animateurs pour l’atelier « Chant ». Patrice Vose, directeur de l’époque, a pu obtenir une collaboration avec l’asbl.
Cette activité de chant choral introduit les enfants à une musicalité, un accord des voix, une sensibilité harmonique. Par ailleurs, la dimension « collaborative » du chant choral permet de mettre au travail certaines difficultés de liens sociaux. Le chant est une activité physique également et ces répétitions, parfois très mobiles, permettent un travail artistique très incarné. Les enfants peuvent y trouver une façon différente d’habiter leur corps.
Equinox a par ailleurs organisé à l’IMP des concerts classiques pour les enfants (quatuor, quatuor et chant lyrique…) permettant de leur faire découvrir un nouvel univers et exalter une envie éventuelle de participer à la chorale.
Il est fréquent, le jeudi, au retour de l’école, d’entendre certains enfants chanter ou chantonner dans les couloirs, sans doute à l’approche de la répétition qui a lieu en fin d’après-midi… Par ailleurs, ces ateliers ont permis à l’un ou l’autre enfant de se découvrir un talent musical et de rejoindre des structures extérieures pour le déployer.
3. Sur quel genre de répertoire la chorale travaille-t-elle, et une représentation publique est-elle prévue ?
Le répertoire est assez varié : chansons traditionnelles, chansons françaises actuelles proposées par les enfants, chansons portugaises, mélodie plus Swing, rap … Le choix est fait par notre chef de chœur (actuellement Mélanie Rihoux) qui consulte les groupes d’enfants.
Des présentations auprès du reste de l’institution permettent aux enfants et adolescents de ponctuer leurs répétitions. Ces moments, très importants pour les enfants qui voient là leur travail reconnu, sont aussi très compliqués pour certains, dont la confiance en eux est bien ébréchée. Lorsqu’ils arrivent à mener cela à bien, ils en sont en général très heureux.
En principe, trois concerts auront lieu : en décembre, en mars et en mai, avec plusieurs chansons interprétées par un ou plusieurs groupes, voire par l’ensemble de la chorale. A cette occasion, un.e pianiste de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth accompagnera les chanteurs.